Le retour

​Ça aura pris du temps, beaucoup de temps. Mais j'ai – enfin – récupéré « mon » site. Et mon blog.

Quel intérêt ? me demanderez-vous. Eh bien, disons que de nos jours, ne pas avoir un minimum de visibilité sur le Net, c'est presque un handicap. Il ne suffit plus, pour exister, d'écrire des livres et de les voir publiés ; il ne suffit pas non plus d'avoir été crédité de quelques critiques plus ou moins flatteuses (quand critiques il y a). Ni d'avoir travaillé pendant des mois, des années peut-être, à la rédaction d'un ouvrage, ni même de le trouver finalement sur les tables des libraires (pour si peu de temps, hélas). Encore est-il nécessaire de passer à la télé (et là, il y a bien longtemps que cela ne m'est plus arrivé, mais il faut avouer que je ne suis pas une adepte des talk-shows, pas plus comme spectatrice que comme éventuelle participante). Encore est-il nécessaire aussi de se trouver interviewé à la radio. De twitter à tout va. De facebooker. À tout le moins, d'avoir un site Internet.

J'en avais un. Il a disparu dans les limbes mystérieux du cyber espace, piraté paraît-il pour cause de faille de sécurité. J'adresse donc ici un ironique merci au soi-disant informaticien auto-proclamé qui l'avait mis en ligne, dont l'incompétence n'avait d'égale que la grossièreté et qui, après m'avoir copieusement insultée, m'a proposé de le restaurer moyennant finances au montant astronomique (surtout eu égard à la qualité du service fourni). Il se reconnaîtra s'il lit ces lignes, ce dont je doute car je ne suis pas certaine qu'il sache lire. Un autre a donc pris la relève, infiniment plus aimable, plus qualifié, plus serviable, plus efficace. Mais peu disponible, ce qui explique qu'il a fallu des mois avant que la foule de mes admirateurs en délire, s'ils existent, puissent à nouveau avoir accès au site que voici que voilà.

Mais ça y est. Merci Renaud ! Pour le temps, l'investissement et les explications (et la compétence… ça me change). Et le reste qui demeurera entre nous, bien sûr (mais non, lecteurs, ne vous méprenez pas : rien de scabreux dans cette relation-là, essentiellement… maternelle, ou filiale, c'est selon).

Il reste pas mal de petites choses à peaufiner, mais « à chaque jour suffit sa peine », « une chose à la fois » « petit à petit l'oiseau fait son nid », « vingt fois sur le métier… », « festina lente »…

Comme vous le voyez, je n'ai peur ni des lieux communs ni de la sagesse populaire!

J'existe donc à nouveau puisque me revoici sur le Net. Mais cette visibilité n'est pas la seule raison qui m'amène à me réjouir de pouvoir à nouveau « blogger ». Car blogger, c'est écrire. Dans mon cas, il ne s'agit pas de m'exprimer sur des sujets personnels ni de poster des photos de mes proches, il ne s'agit pas non plus de me contempler le nombril avec un intérêt passionné, de raconter mes amours ou mes désamours, de partager mes recettes de cuisine ou mon goût – à moins que ce soit du dégoût – pour fringues et marques, de me répandre sur ce qui relève du domaine de l'intime. C'est un blog essentiellement littéraire que j'essaie de tenir ici, et j'avoue que j'y prends plaisir. M'exprimer, soit. Mais sur des sujets plus ou moins généraux et, surtout, en soignant la forme, avec la même rigueur que celle qui préside à mes textes publiés. Et j'aime ça. Avec l'espoir, ici comme là, de rencontrer quelquefois un certain public…

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